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Adeline Agut (X2006), une carrière dans le développement durable

Interviews & Parcours d'alumni

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30/03/2020

Après sa quatrième année et son master à Stanford University, aux États-Unis, Adeline Agut (X2006) rentre en France et commence une carrière dans le développement durable. Cabinet d’études, Groupe Vinci, entrepreneuriat… Découvrez le parcours et les convictions de cette alumna de l’École polytechnique, présidente du groupe X-Solidarités.


Pourquoi l’École polytechnique ?

J’ai toujours beaucoup aimé les sciences et j’étais plutôt une bonne élève. Il faut dire que j’étais aussi un peu sur des rails : lorsqu’on est une bonne élève au collège, on a l'opportunité d'aller dans un bon lycée, puis quand on est très bonne élève au lycée, on va en prépa, et quand on a la chance d’entrer à l’École polytechnique, on ne se pose pas de questions !

J’ai fait ma spécialisation de 3A dans le PA « biologie et écologie » parce que je m’intéressais beaucoup à l’environnement et, à l’époque, ce parcours d’approfondissement était ce qui se rapprochait le plus de l’environnement.


Que retenez-vous de vos années passées à l’X ?

J’ai beaucoup aimé mes années à l’X. Après des années de travail intense au lycée et en prépa, j’ai eu le sentiment en entrant à l’X que tout d’un coup on me donnait beaucoup de moyens et d'opportunités. Des moyens dans les cours, avec d’excellents profs, des moyens pour travailler avec les labos, et en dehors des cours les binets avaient aussi des moyens importants pour nous proposer et nous permettre d'organiser des voyages, des activités artistiques, culturelles ou solidaires.

L’X a été pour moi un ensemble de nouveaux mondes qui s’ouvraient : j'ai eu le sentiment de pouvoir tester beaucoup de choses, mener des projets et développer mes capacités.


Votre parcours après l’X ?

J’ai fait ma 4A et mon master à Stanford University, aux États-Unis. Puis je suis rentrée en France et j’ai rejoint le département environnement d’un bureau d’études et de conseil qui travaillait fréquemment dans des pays en développement. J’ai donc eu l’occasion de mener souvent des projets en Afrique et en Asie. Je travaillais par exemple sur des projets liés à l’eau et l’assainissement, à la protection des ressources naturelles, je faisais aussi des études d’impact sur l’environnement. Les missions étaient financées par des bailleurs de fonds comme la Banque Mondiale ou l'Agence Française de Développement ; le bureau était basé à Paris, et je voyageais souvent dans les pays dans lesquels on mettait en œuvre nos projets. J’ai travaillé dans ce cabinet pendant quatre ans.

Ensuite, j’ai changé de milieu et d’atmosphère. Je me suis tournée vers les start-up et j’ai beaucoup aimé le dynamisme de cet écosystème, le fait de pouvoir créer de la valeur en développant de nouveaux produits et de nouveaux services. Je suis restée dans cet univers pendant quelques années.

Début 2018, j’ai rejoint le groupe Vinci où j’ai travaillé à nouveau sur des sujets liés à l’environnement mais à un niveau plus corporate, donc plus axé sur la responsabilité environnementale, la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) et l’impact environnemental des opérations du groupe.

J’ai ensuite quitté Vinci, et depuis environ six mois j’ai décidé de me mettre à mon compte. Je travaillais déjà en free-lance sur certains projets et j’ai saisi l’opportunité de faire ce grand saut.

Aujourd'hui, je travaille principalement sur deux axes : d’un côté avec les entreprises pour les aider à définir et mettre en œuvre leurs stratégies environnementales et RSE ; et de l'autre avec des entrepreneurs ou de jeunes start-up pour les accompagner dans le développement de leur business model, de leur business plan et de leurs activités.

Ce qui m’intéresse beaucoup est l’intersection entre l’entrepreneuriat et la transition écologique, la transition sociale et l’économie sociale et solidaire, car ce sont des domaines créateurs de nouveaux modèles et de nouvelles propositions de valeur. Ces intersections sont très riches et très foisonnantes actuellement. C’est un moment passionnant pour travailler dans ce domaine.


Vous êtes présidente du groupe X-Solidarités. Pouvez-vous nous en parler ?

Le groupe X-Solidarités regroupe les anciens élèves de l’X qui sont intéressés par les solidarités au sens large. Cela peut être aussi bien la solidarité internationale, le bénévolat, le mécénat que l’associatif ou l’économie sociale et solidaire.

Ces dernières années, on sent qu’il y a une prise de conscience, en particulier au sein de la jeune génération, sur les questions liées au changement climatique, à l’environnement de manière générale, à la solidarité, aux nouveaux modèles économiques. De plus en plus de jeunes, et de moins jeunes, ont envie non seulement d’avoir un engagement personnel en dehors du travail, mais aussi de donner du sens à leur vie professionnelle.

Le groupe X-Solidarités se donne donc pour mission de répondre à ce besoin de ses membres et de les aider à créer les bonnes connexions pour que chacun réussisse à s’orienter dans le champ des possibles.

Nous organisons des rencontres networking et nous essayons de faire se rencontrer des porteurs de projets, des camarades qui se posent des questions quant à leur orientation professionnelle et des camarades qui ont déjà des engagements soit dans leur vie professionnelle soit dans leur vie personnelle et qui souhaitent partager ce qu’ils font.

Nous organisons également des conférences autour d’intervenants qui ont mené des projets intéressants et qui peuvent partager leur expérience, pour faire connaître aux participants l’immense champ des possibles dans le domaine des solidarités.


Des actions envers les élèves ?

Nous travaillons beaucoup avec les élèves parce qu’ils sont très demandeurs. Nous avons organisé plusieurs conférences à l’X et fait intervenir des anciens qui avaient eu des parcours intéressants dans le domaine social, environnemental ou solidaire.

Il y a un vrai besoin chez les élèves d’avoir des modèles dans ce domaine parce que des témoignages dans des carrières comme le conseil, la finance ou la recherche, par exemple, sont déjà à portée de main par le biais de conférences organisées par l’École. En revanche, j’ai le sentiment que l'École propose peu de témoignages à destination des élèves qui souhaitent avoir des carrières - ou juste des engagements - dans l’économie sociale et solidaire par exemple. Ils ne savent pas toujours vers qui se tourner, et c’est pour cela que nous travaillons souvent avec le binet ASK (Action Sociale de la Kès) à l’École afin de co-organiser des conférences autour de camarades qui ont eu des parcours dans le milieu des solidarités.


Pour vous, quelle est l’importance de vous impliquer dans le réseau des alumni de l’X ?

Je pense que les groupes X ont un rôle important à jouer. Nous devons être un « outil » au service de l’épanouissement des anciens élèves et il est important d’être là pour les aider et les guider sur certaines thématiques.

Le lien entre les anciens de l’X, l’école et les étudiants est très fort. Les groupes X ont donc aussi pour rôle de montrer aux étudiants de l’X ce qu’il est possible de faire après l’École dans les domaines qui les intéressent, de leur donner des idées et de les inspirer.

Dernier point, je pense que les groupes X ont aussi un autre rôle qui est d’aider l’École à progresser sur certains sujets. Ils peuvent essayer de faire en sorte que des sujets qui sont devenus extrêmement importants aujourd’hui - typiquement, les enjeux environnementaux - soient bien pris en compte par l’École. En tant qu’anciens élèves actifs, nous connaissons la réalité du monde du travail aujourd’hui et je pense que ce regard ancré dans la réalité professionnelle peut être très utile au progrès de l’École.


Si vous deviez décrire l’X en trois mots, ce serait ?

Communauté est certainement le premier qui me vient. L’X crée une communauté qui perdure à travers ses anciens élèves, et cette communauté constitue pour quelqu’un qui sort de l’X un groupe auquel il peut se rattacher et faire appel. Nous avons un très beau réseau !

Polyvalence, parce qu’il y a toujours beaucoup de polyvalence à l’X. J’ai l’impression, en tout cas en ce qui me concerne, que l’on entre à l’X parce qu’on est polyvalent. Ensuite, l’X cultive aussi les polyvalences. Les cursus que nous avons sont assez variés. L’X nous forme pour être des leaders, pour être un peu touche-à-tout, pour pouvoir être bons dans plusieurs domaines, pour pouvoir être « capables » tout court. C’est quelque chose que j’apprécie aujourd’hui parce que j’ai le sentiment d’avoir personnellement un champ des possibles qui est relativement large.

Excellence, parce que l’enseignement que nous recevons à l’X est, en effet, très bon et que l'École cultive cette notion d'excellence dans le travail à accomplir.

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