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Interview avec Thomas Bancel (X2007), cofondateur de Mésange

Alumni entrepreneurs

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29/04/2020

Cofondée par Thomas Bancel (X2007), la start-up Mésange est un service à destination des patients qui sortent d’un séjour hospitalier et rentrent à leur domicile.


Dans le contexte exceptionnel de crise sanitaire que nous traversons, les équipes se sont mobilisées et ont décidé de rendre le service gratuit pour l’ensemble des patients jusqu’à la fin du confinement.

Thomas revient sur les débuts de la start-up et sur sa mobilisation dans cette période particulière.

Quel parcours avez-vous suivi à Polytechnique ?

Je suis entré à l’X en 2007 après avoir effectué mes classes préparatoires au lycée Louis-le-Grand. En première année, j’ai effectué mon stage militaire dans l’artillerie dans un régiment situé à côté de Lyon, à La Valbonne exactement. De retour sur le campus, en 2A et en 3A, j’ai assez vite laissé tomber les mathématiques, venant pourtant de MP (Mathématiques-physique), pour suivre un parcours plus appliqué axé autour de la physique statistique et de la physique du solide. Pour finir, en 4e année, j’ai été accepté à Stanford en Master en Sciences des Matériaux (Materials Science and Engineering). J’y ai passé un an et demi, c’était l’une des plus belles années de ma vie ! À l’époque, j’étais très intéressé par les matériaux utilisés dans la transition énergétique (semi-conducteurs appliqués au photovoltaïque ou aux batteries par exemple) et j’envisageais de poursuivre avec un PhD même si finalement, à la fin de Stanford, je suis rentré en France. C’était sûrement l’influence de la Silicon Valley, car six mois plus tard j’ai lancé ma première start-up.

Qu'est-ce que Mésange ?

Mésange est un service à destination des patients qui sortent d’un séjour hospitalier et rentrent à leur domicile. 

Nous les accompagnons dans l’organisation de leurs soins : prendre les rendez-vous infirmiers, kinés, à domicile ou en ville, aller faire leurs courses de pharmacie, réaménager leur domicile en cas de besoin. Nous leur proposons également un ensemble de services comme le transport (aller chercher le patient à l’hôpital et l’aider à s’installer chez lui), l’aide à domicile (femme de ménage, aide à la toilette, garde malade), ou encore des services à la carte comme la livraison des repas ou même une coiffure ou une manucure à domicile.

L’étape du retour à domicile est un moment clé dans le parcours de soin. Elle peut être source de désorientation et d’anxiété, car le patient passe de l’hôpital, où il est au centre de l’attention, à son domicile, où il peut se retrouver seul face à sa maladie, affaibli, parfois avec une perte momentanée d’autonomie, et souvent des douleurs. Mésange devient alors son interlocuteur privilégié, nous lui apportons un service et un confort qui jouent également un rôle important dans la qualité de sa convalescence.

Quand et comment a commencé votre projet d'entrepreneuriat ?

Le projet a débuté à la fin de l’année 2018 à la Clinique Arago, qui souhaitait proposer des services supplémentaires à ses patients autour du retour à domicile. La clinique Arago est une clinique parisienne, située dans le 14e arrondissement, et spécialisée en chirurgie orthopédique (prothèse de hanche et de genou notamment). Nous avons lancé un pilote au début de l’année 2019, en mettant en place un premier réseau d’infirmiers et de kinés connaissant la clinique et ses pratiques, ainsi que des partenaires pour le transport et la livraison de repas. Les secrétaires médicales, en accord avec la direction et les chirurgiens de la clinique, se sont mises à proposer le service aux patients lors des différentes consultations préopératoires. Un standard téléphonique a été également mis en place pour répondre aux éventuelles questions des patients. Très rapidement, nous avons commencé à prendre en charge des patients, ce qui a permis de lancer le projet. Depuis, fort des premiers retours très positifs des patients et de la clinique, nous avons affiné l’offre, élargi les zones que nous couvrions en étoffant notre réseau (nous sommes aujourd’hui présents sur toute la région Île-de-France), et commencé à proposer notre service dans d’autres cliniques. 

Notre approche consiste à développer un vrai savoir-faire par filière de soins, en connaissant très bien les pathologies et leurs suites, afin de proposer un service pertinent et adapté aux patients. Au départ, Mésange était spécialisé en chirurgie orthopédique, aujourd’hui et au gré des différents établissements avec lesquels nous travaillons, nous avons appris à prendre en charge des patients venant d’autres filières (viscéral, urologie, vasculaire par exemple).

Dans le contexte actuel de crise sanitaire, vous êtes-vous engagé dans la lutte contre le COVID-19 ?

Dès le début de cette épidémie, notamment en voyant la situation à laquelle faisait face l’ensemble des partenaires avec lesquels nous travaillons (les établissements de santé, les infirmiers, les kinés, etc.), nous avons voulu participer à l’effort collectif.

L’un des constats dramatiques de cette crise est qu’une partie de la population confinée représente des patients qui doivent, du jour au lendemain, apprendre à organiser leur vie dans des conditions très complexes : pénurie d’infirmiers et kinés travaillant à domicile, proches ou aidants eux-mêmes confinés et moins disponibles, aide à domicile compliquée à organiser, solitude et isolation exacerbées. Dans ce contexte, nous avons compris que Mésange pouvait apporter une aide précieuse à certains patients. 

Nous avons ainsi mis en place une hotline et décidé de rendre notre service gratuit pour l’ensemble des patients jusqu’à la fin du confinement (offre spéciale ici). Dans la mesure de notre bande passante, nous avons été en capacité de prendre en charge plusieurs dizaines de patients depuis le début du mois d’avril.

Comment voyez-vous l’après-crise ? Quels projets pour l’avenir de Mésange ?

Cette crise est pour nous l’occasion d’apprendre à mieux communiquer en direct auprès de la population. Jusqu’à présent, notre recrutement se faisait uniquement via les établissements de santé dans lesquels nous étions présents, avec très peu de patients ayant entendu parler de nous en dehors de leurs murs. Nous sommes en train de créer un véritable canal d’acquisition en direct, ce qui est une perspective très intéressante pour nous.

Évidemment, dès que le confinement sera levé et lorsque les établissements de santé auront repris une activité normale, nous allons continuer à développer nos collaborations avec les cliniques et hôpitaux. Nous souhaitons être encore plus intégrés aux offres proposées à leurs patients afin d’aligner au mieux nos intérêts.

Par ailleurs, notre objectif est de proposer ce service au plus grand nombre. Pour cela, nous avions commencé à travailler, avant le confinement, avec des mutuelles et des assurances afin que le service soit inclus dans certains packs proposés aux entreprises. C’est un effort que nous allons également poursuivre.

> En savoir plus sur Mésange.


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